Comment la neuro­plasticité peut aider l’entreprise à décupler son intel­li­gence

Il y a encore quelques années, les scien­ti­fiques pensaient que le cerveau, une fois l’âge de 25 ans atteint, ne changeait plus. Cette idée est complè­tement boule­versée par les récentes décou­vertes en neuro­sci­ences.

En quoi cela peut-il intéresser l’entreprise?

Avez-vous déjà tenté le tableau croisé dynamique ou l’animation de votre réunion mensuelle après un arrêt de travail longue durée? Vos réflexes sont lents, vos repères lointains. Cela est dû au fait que moins vous empruntez un circuit neuronal, plus celui-ci s’estompe, un peu comme un chemin peu emprunté verrait la nature reprendre ses droits sur lui en réinves­tissant l’espace de mauvaises herbes!

Si les neurones codant l’action « je crée mon tableau croisé dynamique » étaient figés dans le temps, vous n’auriez sûrement aucune diffi­culté à reprendre à l’endroit et au temps précis où vous avez arrêté*. Or, la science nous montre que notre cerveau est en perpé­tuelle recon­fi­gu­ration, même à l’âge adulte. Il a le pouvoir extra­or­dinaire de se remodeler sans cesse. Et ce sont précis­ément ces change­ments fréquents qui nous permettent de créer de nouvelles habiletés, connais­sances et compé­tences. C’est le terme neuro­plasticité qui décrit ce processus.

Concrè­tement, si nos conne­xions neuro­nales peuvent changer, nous avons donc de l’influence sur ces change­ments. L’idée selon laquelle l’intelligence serait décidée par une bonne fée ou une sorcière à la naissance et resterait fixe immuable jusqu’à la mort est donc obsolète! Plus le cerveau est stimulé et de manière diffé­rente, plus il se développe!

Apprendre tout au long de la vie

Dans un monde où l’on doit conti­nu­el­lement se réinventer pour garantir l’employabilité et mettre ses connais­sances comme celles de ses colla­bo­ra­teurs à jour, il est réjouissant de se dire que les dés ne sont pas jetés pour toujours ! La neuro-entre­prise 4.0, aux ramifi­ca­tions infinies et aux processus changeants et inter­con­nectés par le numérique ne verra pas d’inconvénient à ce concept. Elle ne pourra plus raisonn­a­b­lement prêter trop de crédit aux « je suis trop vieux » ou « on ne change pas », entendus à chaque nouveauté ou virage annoncés… Mais devra, en contre­partie, mettre tout en œuvre pour appuyer cette flexi­bilité d’apprentissage. Et en donner les moyens à ses colla­bo­ra­teurs.

Comment?

Créer de nouveaux chemins en s’appuyant sur des méthodes éprouvées

 

  • D’abord, le cerveau ‑comme vos colla­bo­ra­teurs- a besoin de savoir pourquoi vous souhaitez mémoriser ceci ou cela ! Lui aussi est en quête de sens… Expliquez donc en quoi et pourquoi c’est important.
  • Ensuite, la répétition est fonda­mentale : empruntez réguliè­rement le même chemin pour le façonner en créant et instaurant des rituels, puis ancrez-les dans la culture
  • Enfin, au travail, comme à la ville, misez sur des stratégies d’apprentissages actives**:
      -Challengez les équipes en formation (ou ailleurs) par des mini-compé­ti­tions internes
      -Accom­pagnez vos équipes à résoudre des problé­ma­tiques en groupe
      -Favorisez l’expérimentation, la présen­tation de vos connais­sances à vos collègues
      -Exposez vos problé­ma­tiques et résolvez-en grâce au codéve­lo­p­pement, avec des pairs
      -Instaurez le questi­on­nement sur les connais­sances entre collègues, entre équipes
      -Développez le coaching entre pairs par des questions ouvertes et orientées sur les solutions

 

Non, décidément, votre cerveau ne sera pas le même ce soir. Et c’est très bien comme ça.

Sophie Hautbois

Sophie Hautbois

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