Comment votre entre­prise peut garantir l’employabilité de demain en changeant son mindset et sa culture?

Vous avez déjà proba­blement tout lu sur l’environnement professionnel mutant, agile, hyper rapide et incertain. Vous savez donc que, de plus en plus, les organi­sa­tions perfor­mantes et leurs dirigeants se définissent par leur capacité à apprendre, s’adapter et innover rapidement.

Or, ce darwi­nisme poussé à l’extrême contient plusieurs écueils dont le plus préoc­cupant est sans doute celui qui laisse ou va laisser un certain nombre de travail­leurs sur le carreau, par manque d’anticipation et de formation adaptée.

APPRENDRE À GÉRER L’INCONFORT DE L’INCERTITUDE

La vitesse et la pertur­bation sont simplement devenues les « new normal ».

Dans ce contexte, deux compé­tences ou postures me paraissent fonda­men­ta­lement import­antes à développer. D’abord, apprendre à gérer émoti­on­nel­lement l’inconfort que génèrent changement et incertitude permanents. Ensuite, adopter ce nouvel état d’esprit pour en faire un plaisir, partant du principe shake­spearien que « ce qui ne peut être changé, il faut l’embrasser ». Pour idéalement enfin, réussir à développer un état d’esprit de crois­sance (growth mindset ndlr), où toute expérience devient occasion d’apprendre.

Spencer Stuart, dans son étude portant sur 230 sociétés, pointe le fait que la culture de l’apprentissage apparaît en premier ou en deuxième dans seulement 7% des cas sur ce panel.

ENVIRON­NEMENT APPRENANT: SEUL RÉEL AVANTAGE CONCUR­RENTIEL POUR L’ENTREPRISE AUJOURD’HUI

On pourrait pourtant imaginer que, dans un monde où le nouveau paradigme réside dans le fait que les métiers d’aujourd’hui n’existeront proba­blement plus demain, il serait urgent que l’entreprise cherche non seulement à assumer sa responsa­bilité sociale mais qu’elle devienne également le lieu où l’émulation et le partage de connais­sances consti­tuent l’avantage concur­rentiel. Car certes, pour un individu, apprendre est souvent une activité solitaire et indépen­dante. Mais dans un environ­nement organi­sa­ti­onnel, en revanche, l’apprentissage est renforcé par le dialogue avec ses pairs, d’autres équipes qui échangent des infor­ma­tions et idées permettant l’émulation et la construction de nouveaux projets et schémas mentaux.

C’est là que l’organisation apprenante développe un avantage extra­or­dinaire, en créant un environ­nement propice à l’innovation, la curiosité et le dévelo­p­pement tant individuel que collectif.

CRÉER DES ENVIRON­NE­MENTS ET DES OUTILS AU SERVICE DU DÉVELO­P­PEMENT

Comment devrait donc agir le leader qui souhai­terait embrasser une culture de l’apprentissage?

En ayant d’abord du courage, une bonne dose d’humilité et un esprit visionnaire. Gérer une transition et un changement de mentalité tels que celui que je décris est d’abord un challenge sur soi qui nécessite un certain nombre de modifi­ca­tions de compor­te­ments. Un environ­nement favorable également, axant sur l’expérimentation, la sécurité psycho­lo­gique et l’erreur comme source-même de l’apprentissage. Implé­menter des outils techno­lo­giques simples, sécurisés et adaptés ensuite, permettant l’accès de tous à la formation et à l’échange de bonnes pratiques, promouvant un échange social renforcé et une connexion à l’information adaptée à tous les niveaux.

DÉVELOPPER CHACUN; FAVORISER L’EMPLOYABILITÉ DE TOUS

Ce mouvement fait partie d’une tendance inévi­table à grande échelle. Il va progres­si­vement faire tomber aux oubli­ettes le management par la directive, vertical et formel, au profit d’un système ouvert, d’échanges et de partages sans frontières, qui permettra à l’avenir de développer des capacités humaines sans précédent, pour peu qu’on l’encourage.

Pour que demain, tout le monde puisse à sa mesure et à son rythme, avoir une place et contribuer à son niveau.

Sophie Hautbois

Sophie Hautbois

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *